L’enfant unique VS les idées reçues

Je ne sais pas vous, mais j’entends très rarement de retours positifs sur « l’enfant unique ». Clairement, le pauvre, dans notre société actuelle, il n’a pas bonne réputation

Alors que je suis en plein questionnement avec moi-même à ce sujet, à savoir: « aurais-je d’autres enfants un jour? », beaucoup d’idées reçues se bousculent dans ma tête.

En voici quelques unes…

Tantôt «l’enfant bourreau» :
  • Un enfant unique c’est plus capricieux
  • Un enfant unique se comporte comme un enfant « pourri-gâté« , voir, il l’est
  • Dès que ce dit enfant s’affirme ou s’oppose, on pense immédiatement que c’est parce qu’il est enfant unique, il ne connaît pas les concessions
  • L’enfant unique est forcément égoïste, il n’a pas appris à partager
  • Il se sent le centre du monde et à un égo qui bat tous les records…
  • Il est enfant roi et mène ses parents « à la baguette »
Tantôt «l’enfant victime» :
  • Il grandit avec une pression énooooorme de ses parents, de leurs attentes qui pèsent sur ses seules petites épaules; il est surinvestit
  • Il est surprotégé, couvé, il n’est pas prêt à affronter le monde extérieur  » dur et impitoyable »; il ne saura pas se défendre
  • Il manque d’autonomie puisque sa mère fait tout à sa place
  • Il est immature et n’a pas le sens des responsabilités puisqu’on fait tout pour lui
  • Il s’ennuie et manque d’imagination, puisqu’il n’est pas stimulé par la fratrie
  • Le sentiment de solitude est très développé chez l’enfant unique

Or, comme souvent dans les préjugés, ceux-ci sont excessifs, sortis de tout contexte, généralisés et souvent infondés, même si je ne nie pas le vécu de « certains enfants uniques » devenus adultes.

Chacun est libre de faire les liens de cause à effet qu’il souhaite, chacun vit dans sa propre réalité, et y trouvera ses propres vérités. Mais ma vérité à moi, ce n’est pas ça. Ce n’est pas si jugeant et enfermant, laissant si peu de place à un réel choix de faire des enfants ou non, ou d’en avoir qu’un seul, deux ou trois ou cinq…

Les couples généralement savent bien pourquoi ils veulent un 1er enfant. Mais les suivants? Quelles raisons les y poussent? Pour certain, il y aura un réel désir d’enfant à part entière, tout comme pour le premier, mais pour d’autres, cela peut être un choix influencé inconsciemment par « les normes« ; à peine on a notre 1er enfant qu’on nous demande déjà quand est-ce qu’on fait le « deuxième ». Ou bien, on « offre » un petit frère ou une petite sœur à l’ainé. Pour qu’ils puissent jouer ensemble, se « préparer » à la vie en société, pour qu’il ne se sente pas seul. On les veut d’âge rapproché pour que se créer une complicité entre eux, mais aussi parce qu’on pense que ce sera plus simple pour l’organisation quotidienne ou qu’on sera trop « vieux » ensuite, etc.

C’est la conception que l’on peut avoir d’une famille. Heureuse qui plus est…

Et parfois la réalité est tout autre… On fait un deuxième, puis un troisième enfant… Pour répondre à cet idéal… Mais au final, sommes-nous prêt, individuellement parlant et dans notre couple, pour cela? Si on se sent déjà débordé avec 1, qu’on a du mal à trouver ce nouvel équilibre à 3, « faire » un nouvel enfant uniquement parce que c’était « le plan de vie » n’est pas juste. Ni pour soi, ni pour les enfants et au final, on est pas si heureux que ça…

Et c’est bien ce point qui motive l’écriture de ma réflexion…

Car je pense que si l’on se sentait plus libre et plus léger de toutes croyances limitantes ou d’idéaux auxquels ont veut répondre, pensant qu’on serait plus heureux, on pourrait agir davantage en conscience et dans le respect de ce que l’on sent au plus profond de soi, dans notre cœur et au timing qui nous convient.

Alors oui, les enfants c’est beaucoup d’amour et c’est merveilleux de les voir grandir. Je ne dirais jamais le contraire.

Mais être en présence d’enfants, les nôtres qui plus est, amène inévitablement une confrontation inconsciente (ou pas) a notre propre enfance, notre enfant intérieur qui vit en l’adulte que nous sommes aujourd’hui (qu’on le veuille ou non et qu’on y croit ou non).

Ce n’est pas un mal, bien entendu, mais il faut le savoir. Car si l’on est pas en paix avec notre enfance, quelle qu’elle ait été, on pourrait se voir agir et réagir de façon bien différente que ce que l’on souhaitais faire/être initialement. Dans un soucis inconscient de réparation peut-être, ou en réaction à ses propres frustrations, enfant…

Alors voilà, afin de contrer un peu toutes ces idées reçues concernant l’enfant unique et s’alléger un peu du poids des normes, je vous partage ma vision des choses le concernant, bien entendu, sous réserve d’une éducation/ d’un accompagnement respectueux de sa personne, dans une relation familiale saine et équilibrée:

  • Un enfant unique a le temps de grandir à son rythme propre, sans ressentir de pression ou d’attente qu’il gagne en autonomie pour aider le parent avec l’arrivée du bébé.
  • Aussi, ses besoins fondamentaux concernant notamment la sécurité affective sont plus facilement comblés, ce qui constitue une base solide pour atteindre l’autonomie affective plus tard.
  • En grandissant, et en suivant son développement cérébral, il développe sa capacité à être seul, à l’aise avec lui-même, ce qui lui permet d’accéder à des relations avec ses pairs plus équilibrées, basées sur le plaisir d’être ensemble et non sur le besoin d’être ensemble.
  • Il apprend à se connaître lui-même sans se comparer (ou être comparé) ou s’identifier à ses frères et sœurs (la société le fait déjà bien assez 😉 ), par conséquent, il arrive mieux à identifier ses besoins propres, à être à l’écoute de ce qui se joue en lui. Alors oui, derrière, il va l’exprimer, s’affirmer, s’opposer et parfois ça dérangera l’adulte (qui répond à la croyance qu’un enfant doit obéir sans rien dire?) mais on peut lui apprendre à l’exprimer de façon respectueuse, notamment grâce à la CNV (Communication Non Violente), mais c’est un autre sujet.
  • L’enfant unique va plus facilement vers ses pairs (et les intègre aussi plus facilement), trouve des stratégies pour entrer en relation, et ne s’enferme pas dans son cercle familial.
  • Il n’apprend pas à faire passer les besoins des autres avant les siens (non ça ne fait pas d’eux des êtres égoïstes  et sans empathie, bien au contraire) et développe sa capacité à trouver des compromis, car justement il se sent suffisamment respecter et entendu.
  • Il n’est pas frustré de ne pas pouvoir faire/avoir la même chose que l’ainé, lui rappelant sans cesse qu’il est plus petit, ou frustré de devoir se contenir, se freiner parce qu’il y a le « petit dernier » qui dort ou cris au moindre mécontentement.
  • Il ne grandit pas avec la responsabilité de devoir « montrer l’exemple », voir de « faire attention  » au(x) plus petit(s).
  • Il ne vivra pas l’intervention des adultes dans les conflits de la fratrie comme injuste, parce que ceux-ci n’auront « pas forcément vu » qui a réellement abusé, etc…

Alors bon… Ce plaidoyer en faveur de l’enfant unique permet juste de rééquilibrer les choses. Mais je ne pense pas que les enfants faisant parti d’une fratrie sont forcément « exposés », par déduction, à tout ce que je viens de noter. Ni évidemment que l’enfant unique va forcément vivre les choses comme je les ai cité, j’en ai bien conscience.

Mais c’est pour moi un moyen de redonner un réel choix à tout ceux qui comme moi, s’interroge et sont un peu mal à l’aise à l’idée de n’avoir qu’un seul enfant.

Si c’est un choix en conscience, alors on pourra être d’avantage un bon parent pour notre ou nos enfant(s), vous ne pensez pas?

Je finirai cet article en ouvrant sur un autre débat:

Est-ce qu’avec un seul enfant, on n’est pas une famille? Et dans le cas de famille mono-parentale avec qu’un seul enfant? Et les familles recomposées, les adoptions, les couples parentaux homosexuels, et j’en passe…

Au final, qu’est-ce qu’une famille, et surtout, qu’est-ce qu’une famille heureuse??

–> Peu importe la « forme », non?

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